L’énergie durable de l’amour
par Vincent Engel
J’aime les histoires qui finissent bien. Et celles qui nous rappellent que les grands enjeux - sauver la planète et aimer, par exemple - dépendent d’une action volontaire, jour après jour, tout au long d’une vie.
Il y a cinquante ans, en Chine, Liu tombe amoureux de Xu, veuve et mère de famille. Leur village voit cet amour d’un mauvais oeil, d’autant qu’elle est plus âgée que lui.
Cette histoire d’amour commence mal.
Liu ne baisse pas les bras et emmène sa tendre Xu loin de là, dans une grotte aux confins de la Chine. Ni eau ni gaz à cet étage, ni électricité. Et ils y vivent encore aujourd’hui. Depuis cinquante ans, sans autre courant que celui de leur amour, qui ne s’est jamais démenti. Pas de baisse de tension, pas de libéralisation. Pas besoin de débrancher 5 minutes pour donner du répit à la planète, bien au contraire ! Un amour sur courant alternatif, autoproduit, rose et vert, une énergie solaire à faire pâlir ceux qui leur avaient jeté l’opprobre. Et chaque fois que Xu lui demande s’il ne regrette pas une décision qui lui a imposé une vie aussi dure, Liu répond que leur labeur ne pourra qu’améliorer leur vie. Manière de dire que l’amour se travaille tous les jours et ne peut alors que s’embellir. Et qu’avec un moteur aussi pur et naturel, il n’y a aucun risque d’usure. Les amants révoltés sont devenus survoltés.
Cyrano, l’éternel amoureux transi, s’écriait : Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul ! Liu et Xu sont montés à deux, et très haut. Si haut que, l’âge venant, la pauvre Xu a rencontré de plus en plus de difficultés pour gagner son repaire ou descendre dans la vallée.
Qu’à cela ne tienne.
Liu retrousse ses manches et se met à tailler dans la roche. 6 000 marches, sans escalator. Autre chose que le Lion de Waterloo, qui ne célèbre qu’une horrible boucherie. Et du haut de cette montagne, un demi siècle d’amour irradie et réchauffe une vallée chinoise. Voire toute la Chine.
Car le pays s’est ému. Presse féminine aidant, leur histoire a été élue plus belle histoire d’amour de Chine. Et du coup, le gouvernement local a promis de leur installer l’électricité. Il a dû se dire que l’installation serait payante pour le pays : comme les gens qui installent des panneaux voltaïques et renvoient dans le réseau l’électricité qu’ils produisent, Liu et Xu vont pouvoir inonder le réseau chinois de leur amour.
Être amoureux le 14 février mais aussi le 13, le 15 et tous les autres jours, dans la force de la jeunesse comme dans celle de la vieillesse, dans la simplicité. Donner de soi : les énergies durables sont peut-être à rechercher de ce côté...
Il y a cinquante ans, en Chine, Liu tombe amoureux de Xu, veuve et mère de famille. Leur village voit cet amour d’un mauvais oeil, d’autant qu’elle est plus âgée que lui.
Cette histoire d’amour commence mal.
Liu ne baisse pas les bras et emmène sa tendre Xu loin de là, dans une grotte aux confins de la Chine. Ni eau ni gaz à cet étage, ni électricité. Et ils y vivent encore aujourd’hui. Depuis cinquante ans, sans autre courant que celui de leur amour, qui ne s’est jamais démenti. Pas de baisse de tension, pas de libéralisation. Pas besoin de débrancher 5 minutes pour donner du répit à la planète, bien au contraire ! Un amour sur courant alternatif, autoproduit, rose et vert, une énergie solaire à faire pâlir ceux qui leur avaient jeté l’opprobre. Et chaque fois que Xu lui demande s’il ne regrette pas une décision qui lui a imposé une vie aussi dure, Liu répond que leur labeur ne pourra qu’améliorer leur vie. Manière de dire que l’amour se travaille tous les jours et ne peut alors que s’embellir. Et qu’avec un moteur aussi pur et naturel, il n’y a aucun risque d’usure. Les amants révoltés sont devenus survoltés.
Cyrano, l’éternel amoureux transi, s’écriait : Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul ! Liu et Xu sont montés à deux, et très haut. Si haut que, l’âge venant, la pauvre Xu a rencontré de plus en plus de difficultés pour gagner son repaire ou descendre dans la vallée.
Qu’à cela ne tienne.
Liu retrousse ses manches et se met à tailler dans la roche. 6 000 marches, sans escalator. Autre chose que le Lion de Waterloo, qui ne célèbre qu’une horrible boucherie. Et du haut de cette montagne, un demi siècle d’amour irradie et réchauffe une vallée chinoise. Voire toute la Chine.
Car le pays s’est ému. Presse féminine aidant, leur histoire a été élue plus belle histoire d’amour de Chine. Et du coup, le gouvernement local a promis de leur installer l’électricité. Il a dû se dire que l’installation serait payante pour le pays : comme les gens qui installent des panneaux voltaïques et renvoient dans le réseau l’électricité qu’ils produisent, Liu et Xu vont pouvoir inonder le réseau chinois de leur amour.
Être amoureux le 14 février mais aussi le 13, le 15 et tous les autres jours, dans la force de la jeunesse comme dans celle de la vieillesse, dans la simplicité. Donner de soi : les énergies durables sont peut-être à rechercher de ce côté...




